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Trouver un extra en dernière minute à Chamonix : ce qui marche vraiment

Le serveur qui ne vient pas, la réservation de groupe tombée la veille : les vraies options pour trouver un extra vite dans la vallée, avec leurs limites, et les papiers à ne pas oublier.

Samedi de février, vacances scolaires, salle complète. À 17 h, votre serveur vous envoie un message : il ne viendra pas. Ou alors c'est un groupe de douze qui réserve le chalet pour après-demain, et il faut une deuxième personne au ménage.

Tous ceux qui tiennent un établissement dans la vallée connaissent ce moment. La question n'est pas de savoir qui est bon : les bons, vous les connaissez. La question, c'est qui est libre, maintenant, pour ces horaires-là. Et en pleine saison, tout le monde se pose la même au même moment.

Depuis qu'on travaille avec les établissements de la vallée, on voit toujours revenir les mêmes solutions. Voilà ce qu'elles valent vraiment.

Le carnet d'adresses et le téléphone

C'est le premier réflexe, et il marche quand on a trois ou quatre habitués fiables. Le problème, c'est le temps : une heure de messages en plein service, des réponses qui arrivent dans le désordre, et parfois deux « oui » alors qu'on en a déjà confirmé un troisième.

Et en haute saison, vos habitués sont souvent déjà pris ailleurs. C'est justement quand vous avez le plus besoin d'eux qu'ils sont le moins disponibles.

Le groupe WhatsApp de l'équipe

Un seul message au lieu de dix, c'est déjà mieux. Mais le premier qui répond n'est pas forcément le bon, la moitié du groupe l'a mis en sourdine, et tout le monde voit le numéro de tout le monde. Ça fonctionne pour une petite équipe soudée. Au-delà, ça devient du bruit.

Les groupes Facebook de la vallée

Pour toucher du monde, c'est imbattable. C'est aussi leur défaut. Vous recevez des réponses de gens qui ne sont pas encore arrivés dans la vallée, qui ne peuvent commencer que le mois prochain, ou qui ne sont pas déclarés. Et c'est à vous de faire le tri, en général le soir, après le service.

Pour un contrat de saison, où l'on a quelques semaines devant soi, un vrai tableau d'annonces fait gagner du temps : c'est pour ça qu'on a lancé Shifter Jobs, gratuit pour tout le monde. Pour le samedi soir, Facebook arrive rarement à temps.

L'agence d'intérim

L'agence vous enlève le problème, et la paie avec. C'est son vrai avantage. En échange, elle vous refacture le salaire chargé avec sa marge, ce qui revient nettement plus cher de l'heure, demande souvent un peu de délai, et c'est elle qui choisit la personne qui arrive.

Pour un gros volume, ou si vous ne voulez vraiment pas toucher à l'administratif, ça se défend. Pour un petit établissement qui surveille son coût horaire, c'est souvent le dernier recours.

France Travail

Pour recruter des saisonniers sur plusieurs mois, France Travail (l'ancien Pôle emploi) peut diffuser votre offre gratuitement. Pour un extra demain soir, en revanche, ce n'est pas l'outil.

Laisser les disponibilités venir à vous

Toutes ces solutions ont un point commun : c'est vous qui allez chercher. L'autre approche, c'est de publier votre besoin une seule fois et de laisser répondre ceux qui sont libres.

C'est ce que fait Shifter dans la vallée de Chamonix. Vous publiez une shift avec ce qu'elle demande : le poste, la date, les langues, le statut d'auto-entrepreneur si vous en avez besoin. Les locaux dont le profil correspond, et qui n'ont pas mis leur disponibilité en pause, sont prévenus dès la publication. Ceux qui sont libres acceptent, vous voyez qui ils sont, et vous choisissez.

Ensuite, Shifter s'efface. Vous vous mettez d'accord directement sur le tarif et les horaires, sans commission sur ce que vous payez. La première shift est offerte, et le reste des tarifs tient sur une page.

Une routine qui tient toute la saison

  • Gardez une courte liste de cinq à dix personnes de confiance, et mettez-la à jour chaque mois. Les saisonniers bougent beaucoup.
  • Posez la question le dimanche pour la semaine, pas le matin même. Les gens organisent leur semaine, et ils disent oui au premier qui demande.
  • Anticipez les semaines chargées : Noël et le Nouvel An, les vacances de février et Pâques. Tout le monde cherche du monde en même temps, alors prenez les devants.
  • Prévoyez un plan B pour les trous que votre liste ne couvre pas, pour que la panique du vendredi tienne en une publication plutôt qu'en une soirée au téléphone.

Les papiers, même pour un soir

Un extra reste un emploi, et il se déclare. Deux cas de figure.

Vous l'embauchez. Il vous faut un contrat écrit, en général un CDD d'usage, le contrat d'extra classique de l'hôtellerie-restauration, et une DPAE envoyée à l'Urssaf avant la prise de poste. Pas après, même pour quatre heures.

C'est un auto-entrepreneur. Il vous facture sa prestation. Dès que ce que vous lui confiez atteint 5 000 € HT, vous devez lui demander son attestation de vigilance, puis tous les six mois. Notre guide sur l'attestation de vigilance explique tout, et vous pouvez le lui envoyer tel quel.

Attention quand même : un auto-entrepreneur n'est pas un salarié déguisé. Si vous lui imposez tous ses horaires, qu'il travaille sous vos ordres comme n'importe quel membre de l'équipe et uniquement pour vous, la relation peut être requalifiée en contrat de travail. Des missions ponctuelles, pour plusieurs clients, avec une vraie liberté d'organisation : c'est le cadre normal de l'auto-entreprise.

Rien de tout ça n'est long une fois qu'on l'a fait deux fois. Ce qui prend du temps, c'est de trouver la bonne personne. C'est là qu'il y a vraiment quelque chose à gagner.

Jonas CHK

Jonas CHK

Fondateur de Shifter

Français, Jonas a passé des années à vivre un peu partout dans le monde avant de tomber amoureux de Chamonix et d’y poser ses valises pour de bon. Passionné de tech et entrepreneur, il conçoit des produits numériques, accompagne des entreprises locales et mène des projets culturels avec sa femme. Shifter est né d’un constat tout simple : dans la vallée, les établissements et les gens qui y travaillent avaient du mal à se trouver. Quand il n’est pas derrière son clavier, il est en montagne avec sa femme et leur chien.

Besoin de monde, ou envie de bosser ?

Les établissements de la vallée publient leurs shifts, les locaux disponibles sont prévenus tout de suite.